Frédéric Sitterle

Racing Club de Strasbourg : « Il faut arrêter d’essayer de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés »

 

 

Interpellation de Jean-Emmanuel ROBERT

 

Titre : Situation juridique et financière du Racing Club de Strasbourg

 

Conseil Municipal du 16 avril 2012

 

 

Monsieur le Maire,

Alors que la situation du Racing semble à nouveau nous conduire vers une impasse, alors que nous avions besoin de pouvoir aller de l’avant, la réunion de mardi m’a laissé un sentiment mitigé.

D’abord sur la forme qui n’a franchement pas été au niveau de l’enjeu. 

Organiser une réunion si importante, surtout au regard du contexte actuel, tendu jusque dans les tribunes, au sein d’une commission qui ne s’est plus réunie depuis 2009, à 8h30, soit une heure avant le début de la plénière, avait de quoi surprendre. Vous pourrez en convenir, cela ne laissait que très peu de temps pour entrer dans le fond du dossier, de surcroît en votre absence et en l’absence d’Henri Ancel, votre ancien colistier, qui suit pourtant les affaires du Racing depuis un moment en votre nom et qui, jusqu’au début de cette commission était présenté comme le futur président de l’association. Franchement, les bases de travail étaient fort mal préparées…

 

Je dois vous avouer que depuis le début de cette grave crise que traverse le Racing et qui n’a pas débuté avec le seul Monsieur Hilali comme tentent encore de le faire croire certains, mais qui s’étale sur plusieurs saisons, et qui s’est amplifiée lors de la saison 2009-2010 avec un changement de 3 présidents en l’espace de quelques mois (Ginestet, Specht, Ginestet,), un triple changement d’entraineurs (Furlan, Gress, Janin), et une revente d’un Club à Hilali, club qui était après 17 journées RE-LE-GABLE en L2 avec seulement 16 points et 3 victoires en 17 matchs ; je dois donc vous avouer en effet que nous avons assisté à une sorte d’immobilisme de votre équipe,  souvent à des réactions à retardement, et je le dis clairement à une certaine forme de manque de courage.

Personnellement, je pense que la question du Racing même si elle est politiquement sensible voire dangereuse pour ceux qui osent s’en emparer (j’en sais quelque chose ayant été noyé sous les messages dont un certain nombre pas très agréables…) doit être abordée pleinement, avec à l’esprit l’intérêt général et certainement pas les amitiés personnelles, même de longue date, car le Racing c’est la vitrine de Strasbourg et de l’Alsace. J’ai la faiblesse de penser que ce sujet comprend davantage d’enjeux pour notre ville plutôt que d‘ergoter, par voix de presse interposée, sur la taille et la forme des corbeilles à papier de telle ou telle place…

Sur le fond

Avec le dépôt de bilan en 2011, je pensais sincèrement que nous en avions terminé avec toutes ces querelles intestines qui pourrissent la vie du club depuis tant d’années. Je pensais que tous les passifs avaient enfin été soldés et surtout que tous les nuisibles qui gravitent autour et dans le club, que tous les petits arrangements faisaient enfin partie du passé.

Et voilà que moins d’un an après, nous découvrons que rien n’a changé. Les mêmes querelles, les mêmes pratiques, la même opacité, sont toujours présentes au sein du club.

Nous voilà obligé de débattre à nouveau, certes à ma demande, des mêmes problèmes. La seule et unique différence, c’est que la facture payée par le contribuable continue inlassablement de grimper. Nous en sommes avec cette saison à plus de 7M€ depuis 2009 !

 

Franchement, ça suffit. Les vrais supporters du club l’ont expliqué à leur manière, samedi, lors de la rencontre contre Auxerre en déployant une banderole signifiant aux dirigeants « Staff et joueurs, vous au moins vous assurez ! »  Comment ne pas partager leur ras-le-bol ? 

 

Il est à mon sens grand temps de mener enfin un véritable Oschterputz au sein de ce club pour repartir véritablement sur des bases saines et solder définitivement et durablement ces passifs qui continuent d’alimenter les médias.

 

C’est pour cela qu’avec Robert GROSSMANN et Anne SCHUMANN, nous regrettons encore davantage le déroulé exécrable de la réunion de mardi. Nous pensions qu’on pourrait rentrer dans le fond des choses, avoir des réponses précises à des questions précises, avoir des visuels, des projections sur cette saison, mais aussi les suivantes, du projet économique du club. Cela ne fut pas le cas. La salle choisie pour cette réunion ne s’y prêtait pas. Monsieur Sitterle avait bien quelques éléments écrits qu’il a bien voulu depuis me faire parvenir par mail ce qui n’était d’ailleurs pas le cas de monsieur Patrick Spielmann dont les réponses étaient relativement vagues, lorsque votre adjoint en charge des sports acceptait de le laisser répondre. Personne n’a par exemple été en mesure de nous dire quel est le budget réactualisé du club avec ses recettes et ses dépenses engagées au mois d’avril 2012. Je note d’ailleurs que seuls les élus de notre groupe ont posé des questions au cours de cette commission. A croire que les autres avaient été rendus muets sur ordre ou par peur de prendre des coups en s’emparant du dossier.

Après le problème, aujourd’hui résolu, rencontré avec la propriété de la marque et dont on se serait aussi passé, cette réunion a définitivement achevé de me convaincre qu’il fallait revoir de fond en comble le fonctionnement de ce club.

 

Cela ne peut plus durer ainsi !

 

Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt, d’essayer de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés mais dire enfin les choses clairement. Fixer un cap avec des conditions claires, stables et pas à géométrie variable en fonction des amitiés et de la cote d’amour du moment des dirigeants en place.

Plusieurs réformes me semblent urgentes à entreprendre dans ce club.

 

 

-Premièrement, celui qui est amené à mettre de l’argent dans le Racing doit avoir les pleins pouvoirs au moment où il commence à alimenter les comptes. Il ne doit pas être soumis à moultes pressions de tel ou tel intérêt. Il doit pouvoir décider librement de la gestion au quotidien du club et quelles sont ses personnes de confiance. Il doit pouvoir décider librement du choix des fournisseurs, comment il indemnise ou pas les bénévoles, des membres du conseil d’administration bien que ces pratiques me semblent plus que limites sur un plan légal et fiscal, même si elles sont répandues dans le milieu. Celui qui met l’argent doit aussi avoir un regard sur les dépenses de l’association, y compris celles inférieures à 20 000 euros. Cela est nécessaire puisque l’actionnaire est le garant de la dette de l’association.

 

-Deuxièmement, avec d’autres je commence à en avoir plus qu’assez d’entendre parler des historiques. Les « historiques », ça fait 15 ans qu’ils sont là et pour le coup la situation, saison après saison ; l’est… historique. On se bat comme des chiffonniers pour un club qui est aujourd’hui en cinquième division comme s’il était encore en ligue 1. Il faut laisser ceux qui financent organiser comme ils l’entendent les rapports avec l’association même si, pour ma part, je pense que ses statuts devraient être démocratisés tout comme son fonctionnement interne. Ce n’est pas acceptable que des anciens présidents, des proches ou des membres de leur famille puissent encore pouvoir faire partie de cette structure. Elle fonctionne actuellement en consanguinité et c’est ce qui l’étouffe ! Il faut ouvrir la désignation de sa direction à tous les membres licenciés de l’association et pourquoi pas aussi aux supporters moyennant une cotisation.

 

-Troisièmement, ce qui est tout de même incroyable, c’est de voir toutes ces personnes qui n’ont jamais mis un euro dans le club dicter leur loi à ceux qui payent ou qui sont amenés à le faire. Même les collectivités, malgré les sommes versées que j’évoquais avant, ne sont jamais intervenues de cette manière dans la gestion du Racing et d’ailleurs, si cela avec était le cas, que n’aurions-nous pas entendu ! Je ne souhaite pas faire un cas personnel de votre missi dominici, Monsieur Henri Ancel, hélas absent lors de cette réunion mais encore bien présent dans la presse de ce matin, mais il n’a jamais engagé le moindre euro dans le club, il n’est même pas sponsor pas plus qu’élu ou salarié  de la ville ou de la CUS mais depuis deux ans, il intervient de manière visible ou en sous-marin, en votre nom, dans ce dossier et au nom aussi des sponsors qu’il prétend représenter. Mais à quel titre ? De quel droit ? Avec quel mandat ? Donné par qui ? Ce monsieur, que je ne connais pas et contre lequel je n’ai rien de particulier doit, comme les autres, s’il n’investit pas d’argent dans le racing le quitter (comme il semble l’annoncer ce matin) et cesser de rajouter de l’agitation à l’agitation.

 

-Quatrièmement. Le proces de calcul des subventions versées par les collectivités au club, doit être clairement établi. J’estime, mais peut-être suis-je dans l’erreur, qu’elles doivent être calculées en fonction du budget et qu’elles ne doivent en aucun cas dépasser 20% du total, comme Alain Fontanel le défendais d’ailleurs en octobre dernier. Aujourd’hui, en tenant compte de la fameuse cagnotte de 600 000 euros miraculeusement apparue et qui ne figure d’ailleurs pas dans le bilan de l’association de la saison dernière, nous en sommes à plus de 50% sur un budget de 2.6M€. Au moment du vote des subventions, la SASP comme l’association doivent nous fournir un budget prévisionnel précis afin de nous assurer de cela, et ensuite, une fois le budget réalisé, nous devons vérifier sa réelle exécution. Le prix de location du stade de la Meinau et du centre de formation doit aussi être clairement défini à l’avance. Naturellement en fonction de l’échelon au sein duquel évolue le club. Ces subventions et ces tarifs doivent être figés le temps de la validité de la convention entre la SASP et l’association mais exceptionnellement révisables en cas d’évènements imprévisibles comme nous l’avons connu les années passées

 

-Cinquièmement et je sais que certains me comprendront bien. Il n’appartient à personne de dire aux responsables du club avec quelles entreprises ils doivent travailler ou à quel prix. Ce n’est pas leur rôle que de décider des dépenses du club ou d’influencer des recettes comme celles des sponsors. Si le ou les propriétaires qui en ont les commandes arrivent à maitriser le budget, à réduire les dépenses, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les collectivités qui auront, si la règle que je viens de développer est appliquée, moins de subventions à verser. Mieux le club sera géré moins nous aurons à intervenir financièrement.

 

-Sixièmement. Nous devons nous interroger sur l’utilité de conserver un centre de formation qui n’a aucun agrément et dont les jeunes talents peuvent à tout moment être pillés par les grands clubs puisqu’il n’y a aucune protection juridique. Peut-être faudrait-il le fermer en attendant un retour du racing dans le monde professionnel ? A minima, pour en réduire les coûts, nous devrions le mutualiser avec la SIG et l’étoile noire, le temps des remontées nécessaires au racing pour retrouver un agrément, afin que ces clubs puissent eux aussi profiter de cette structure que nous finançons chèrement. Ils en ont clairement besoin.

 

-Septièmement : Le temps de la remise à flot du racing, ses dirigeants devraient faire 2 fois par année un point d’étape de la situation du club aux élus de la ville et de la cus, naturellement dans des conditions matérielles meilleures que ce que nous avons connus mardi. Cette pratique pourrait être ensuite pérennisée et se faire une fois par année histoire d’avoir un suivi et une vision sur l’avenir du club et de ses besoins. Ce dispositif devrait même être étendu à d’autres clubs comme la SIG par exemple.

 

Aujourd’hui, au Racing, nous avons des dirigeants et des acteurs qui se comportent comme si le RCS était encore un club de ligue 1 oubliant le niveau où nous évoluons depuis le mois d’aout.

Frédéric Sitterle a comparé, lors de notre rencontre de mardi, la fameuse convention, toujours pas entérinée d’après ce que j’ai pu lire ce week-end et pas près de l’être si j’ai bien compris, à une carte grise d’une voiture dont, tant qu’elle n’est pas modifiée, attribue toujours la propriété au vendeur. Cette comparaison du  racing à un véhicule, encore reprise ce matin dans la presse par d’autres dirigeants, me fait penser que tous ces acteurs s’imaginent que le club est encore une formule 1, une Ferrari de plusieurs millions d’euros alors qu’aujourd’hui ce n’est plus qu’un véhicule bien abîmé, cabossé de toutes parts par les propriétaires successifs, dont le moteur est à bout de souffle, dépourvu des éléments de conforts élémentaires, dont le lecteur CD a disparu depuis belle lurette, les jantes allu ou en carbone remplacées par des enjoliveurs en plastique et dont seul le seul vibrionnant klaxon nous fait réaliser que le véhicule fonctionne encore et ce grâce essentiellement à de l’argent public, injecté pour préserver l’essentiel et assurer les dépenses courantes. Voilà la réalité du Racing Club de Strasbourg au moment où je vous parle.

Je ne sais pas qui a raison ou a tort dans cette nouvelle querelle et je ne cherche même plus à le savoir, tant tout le monde essaye de manipuler tout le monde, je ne suis pas dupe. Ce que je sais en revanche, c’est que là où le club a sportivement réussi, tous les efforts du staff et des joueurs risquent d’être réduits à néant si le déficit budgétaire n’est pas comblé d’ici la fin de la saison avec cette fois un passage par la case DH. Voilà ce qu’il nous attend avec ces histoires !

 
A l’issue de la réunion de mardi, j’ai clairement compris que Patrick Spielmann et Frédéric Sitterle ne pouvaient plus travailler ensemble. Je crois donc qu’il va falloir trancher pour ne pas compromettre les résultats probants obtenus sur le terrain.

Ou bien on mise sur l’association en l’état, on poursuit avec les « historiques » mais dans ce cas, cela signifie qu’ils ont une surface financière suffisamment importante ou un généreux mécène pour combler le déficit à la fin de la saison et investir pour l’avenir. Henri Ancel évoque ce matin dans la presse un besoin rapide de 3 Millions d’euros pour la seule année à venir !

Ou bien on confie le club à Frédéric Sitterle, qui devra lui aussi combler le déficit et investir dans l’avenir. A ce moment précis, ses détracteurs sauront s’il dispose oui ou non de la surface financière pour faire face à ces échéances.

Dans les deux cas, les 7 éléments que j’ai évoqués devront être pris en compte et naturellement, il est hors de question que la ville et la CUS mettent un euro de plus dans le club au regard des efforts déjà consentis pour cette saison préparée, je le rappelle, sur la base d’un budget prévisionnel de 4.4M€ en CFA2. Rien que ce montant interpelle déjà !

Une troisième voie est aussi possible. Un nouveau repreneur apparait et les acteurs du moment disparaissent en le laissant prendre le relais, en lui permettant de travailler dans la sérénité, chose qu’il manque cruellement au Racing. Ceci-dit, j’ai du mal à croire en cette troisième voie. Qui sera suffisamment insensé et en même temps sérieux pour investir dans cette pétaudière tant que les nécessaires réformes n’auront pas été effectuées au préalable ?

 

Voilà comment nous voyons concrètement les choses monsieur le Maire mais étant dans l’opposition et n’ayant aucun pouvoir décisionnaire, avec les membres de notre groupe, nous souhaiterions enfin connaitre la position officielle et officieuse de la municipalité sur ce dossier.

Monsieur le Maire, il est temps de nous dire où vous voulez aller, avec qui et comment.

Je vous remercie

 

Racing : Une commission qui nous laisse sur notre faim !

 

Plusieurs personnes m'ont interrogé pour savoir comment s'était passée la rencontre avec les dirigeants du Racing.
En résumé, les conditions d’organisation de cette réunion étaient exécrables et en plus nous étions limités en temps à savoir une heure. Difficile en une heure d’évoquer un sujet qui passionne la ville depuis 30 ans et qui engage la collectivité pour les prochaines années…

 

J’avais préparé une intervention avec des questions dont vous trouverez ci-dessous les grandes lignes même si je n’ai pas pu poser intégralement toutes mes questions.
 

Pour couronner le tout, les réponses apportées n’étaient pas forcément claires, l’adjoint Serge Oehler (il présidait la commission en l’absence de Roland Ries qui avait certainement plus important à faire….) coupait la parole, s’agitait lorsque les questions n’allaient pas dans sa direction ou pouvaient embarrasser le fonctionnement de l’association. Il s’en est aussi pris aux médias à plusieurs reprises, accusés de travestir la vérité et de lancer des rumeurs…
 

Bref, nous restons clairement sur notre faim et pour le coup, je commence à devenir sérieusement pessimiste pour l’avenir du club tant je sens une fracture importante au sein même de la gouvernance.

 
 

Voici ce que j’avais préparé.

 

« En liminaire, je tenais à rappeler que depuis 2008, je suis intervenu régulièrement pour évoquer la situation du club, pour évoquer l’organisation de l’euro 2016 ou au sujet de la construction d’un nouveau stade.

Pour le club, je m’en tiens depuis le début à une seule et unique ligne directrice à savoir : faire en sorte que ce club puisse enfin pouvoir se développer sur des bases saines.

J’avais d’ailleurs mis en avant ce principe qui me semble essentiel  lors du conseil municipal du 27 juin 2011 lorsque j’avais à l’époque plaidé pour le dépôt de bilan. Pour mémoire, voilà ce que je développais à ce sujet «Une telle solution permettrait de repartir sur des bases saines, de mettre en place un actionnariat clair, de vider les placards du club des fantômes si encombrants, de clarifier définitivement les relations avec l’association support qui n’ont pas toujours été simples depuis 30 ans et surtout de consacrer pleinement l’argent injecté à l’avenir ».

Aujourd’hui, ma position reste naturellement la même.

J’étais encore  intervenu en février dernier, à travers une interpellation, pour poser un certain nombre de questions relatives aux finances et à la situation juridique du Club mais aussi pour évoquer le devenir de la marque. A ce sujet, ma position était très claire, à mon sens elle doit être détenue par la SASP ou l’association, la SASP me semblant la plus légitime.

J’avais également proposé l’organisation d’une telle rencontre entre les élus de la Ville et de la CUS et les dirigeants du club et les personnes amenés à y jouer un rôle important.

Je tiens donc à remercier Patrick Spielmann et Frédéric Sitterle de leur présence bien que je regrette les conditions d’organisation de cette rencontre.

Je m’en excuse auprès de nos hôtes qui n’en sont pas responsables mais je tiens vraiment à regretter que ce moment se fasse dans le cadre de la commission sport et culture qui ne s’est plus réunie depuis des mois, juste avant la commission plénière ce qui va nous limiter notre échange dans la durée (une heure) et surtout en l’absence des élus CUS.

Je tiens aussi à regretter l’absence d’Henri Ancel qui joue pourtant un rôle important depuis 2 ans dans les coulisses du club et qui, si j’ai bien lu la presse serait amené à prendre la présidence de l’association.

 

Vous le savez encore mieux que moi, la ville de Strasbourg et la CUS consacrent des efforts financiers importants pour le club depuis plusieurs années et plus particulièrement pour cette saison, efforts financiers complétés par des aides matériels et logistiques très importantes. Bien que je m’oppose depuis longtemps à l’ingérence (directe ou indirecte, par personnes interposées) des politiques dans la vie des clubs, il me semble pourtant normal que les élus puissent avoir un droit de regard sur le fonctionnement d’un club en période trouble et surtout lorsque son aide financière se trouve être très conséquente.

Je suis donc heureux de pouvoir enfin poser des questions concrètes et techniques aux responsables du Racing qui pourront enfin nous apporter directement leur éclairage.

 

La première est très simple. Quelle est la situation économique et juridique du club au moment où nous parlons ?

Plus précisément, je souhaite savoir quel est le budget réel. En début de saison on parlait de 4.4 Millions. Nous sommes ensuite passés à  2.634 millions. Quel est le bon chiffre et surtout comment se composent les dépenses. Je souhaite concrètement savoir ce que représente la part des salaires des joueurs, la part des salaires des administratifs mais aussi connaitre le cout du centre de formation et des autres postes de dépenses car il m’est impossible de comprendre qu’un club évoluant en CFA 2 ait un budget plus élevé qu’un club comme l’US Quevilly qui vient pourtant d’éliminer l’OM en coupe de France ?

A 4.4 Millions, le club aurait eu un budget qui se serait avéré être le second du national où évolue Colmar avec 1.8M€…

 

2ème question.

Comment est composée l’association ? Qui en est membre ? Comment et quelles sont les prérogatives de ces membres. Est-il vrai qu’on y retrouve d’anciens responsables du club qui ont pourtant contribué à l’agitation que nous connaissons depuis 30 ans ?

J’ai lu dans la presse qu’on évoquait aussi un retour de Leonard Specht ancien président du club. Qu’en est-il ?

Je tiens à préciser que contrairement à la communication en vigueur depuis de nombreux mois, je n’ai jamais fait partie de ces gens qui accablent Jaffar Hilali lui faisant reposer exclusivement la faillite du club sur ses seules épaules, bien que ce monsieur ne soit pas pour autant exempt de tout reproche. Si aujourd’hui le club est en CFA 2 et que les collectivités doivent financer sa survie, c’est parce qu’il y a eu une accumulation de mauvaises gestions depuis des années. Contrairement à ce que déclare régulièrement monsieur Ancel, dont une nouvelle fois je regrette l’absence, ce n’est pas par le seul Hilali que le cataclysme est arrivé mais bien par une œuvre collective d’incompétences, de mauvaises gestions et de décisions.

 

3ème question.

Des membres de l’association sont-ils rémunérés ? Indemnisés ? Certains ont-ils des notes de frais et si oui, quel est le volume global de ces dépenses dans le budget du club ?

 

4ème question

J’ai appris la démission du trésorier de l’association. Pouvez-vous nous dire quelles en ont été les raisons ?

 

5ème question

Monsieur Sitterle a évoqué à plusieurs reprises dans les médias des mauvaises habitudes dans les dépenses du club. Quelles sont-elles ? Je note qu’avant lui, monsieur Hilali avait évoqué ce sujet mais il était inaudible bien qu’il est injecté 7M d’euros dans le club. D’autres personnes évoquent aussi ces habitudes comme Philippe Chauveau dont j’ai lu une interview très intéressante sur Racing Stub. Il parle notamment de dépenses anormales, de rémunérations inutiles, de prestataires onéreux.

Où est la vérité ? Soucieux de la bonne gestion des deniers publics,  il me semble indispensable que le budget du club soit maitrisé au mieux car mieux il est maitrisé, moins la ville et la CUS auront à intervenir financièrement.

Monsieur Cheveau évoque aussi un problème dans la validation des dépenses. Pouvez-vous nous expliquer le processus de validation ? Y a-t-il par exemple des mises en concurrence ?

 

 

6ème question.

Pouvez-vous nous dire où en est la dissolution juridique de l’ancienne SASP et ce qu’il advient de Thomas Fritz ?

 

7ème question

Monsieur Sitterlé, quel est votre projet, votre vision pour le club. Là encore, j’ai lu votre interview évoquant la question sur racing stub est franchement, j’ai étéplutôt séduit mais depuis longtemps, je sais qu’au racing, les actes sont plus importants que les paroles.

Je tiens aussi à vous dire publiquement, devant mes collègues qu’il me semble normal que celui qui injecte de l’argent dans le club soit le seul et unique patron, qu’il ait les coudées franches et qu’ils ne soient pas mis sous tutelle d’ancien qui ont brillé par leurs échecs. Mais encore faut-il injecter de l’argent.

Je ne vous demande pas de savoir combien vous comptez injecter car comme je l’expliquais tout à l’heure, le budget du club me semble déjà très élevé pour la CFA voire même le national mais comment et avec quels objectifs sportifs.

 

8ème question

L’instabilité actuelle dans les coulisses ne risque-t-elle pas de compromettre la préparation de la saison prochaine et surtout de compliquer la fin de saison actuelle sur le plan sportif ?

 

9ème question

Il y a eu une forte mobilisation pour maintenir le centre de formation qui n’a aucun agreement. Il représente un coût important aussi je souhaite connaitre le statut juridique des jeunes formés ? Ne risque-t-on pas de voir le centre pillé de ses meilleurs éléments par des clubs pros sans la moindre indemnité financière pour le racing ? »

Racing Club de Strasbourg : 3 propositions concrètes !

 

A l'issue de mon interpellation (texte à lire ici )voici les 3 propositions concrètes que j'ai formulées A voir en vidéo en cliquant ICI

 

Je souhaite vous faire à présent 3 propositions concrètes :

  • Organiser une audition de monsieur Sitterle et de Patrick Spielmann par notre assemblée et les élus communautaires afin, comme nous avons eu l’occasion de le faire pour l’eurostadium, qu’ils nous présentent la situation réelle du club ainsi que leurs projets et surtout et qu’ils répondent à nos questions. La ville et la CUS étant les premiers financeurs, il ne me semblerait pas anormal que nous ayons une forme de droit de regard. Je souhaite notamment que monsieur Sitterle nous disent concrètement les griefs qu’il reproche à l’association. Dans la presse il lance des accusations très graves. Il parle de rémunérations indues ou de commissions touchées. Il met en cause des personnes du club sans les citer. Il doit nous fournir les preuves de ses affirmations car personnellement, avec le Racing, je ne m’appuierai plus que sur des actes concrets et certainement plus sur des paroles, bien mises en forme certes, mais jamais suivies d’effets !

 

 

  • Demander à Monsieur Sitterle que la marque racing soit la propriété de la SASP ou de l’association si la SASP ne voit pas encore le jour puisque le droit permet un délai de 3 ans avant sa création. Pour que monsieur Sitterle ne soit pas perdant, la SASP ou l’association devrait naturellement la lui racheter pour 150 000 euros, sa mise de départ. Je me répète, il est en effet inconcevable que la marque racing soit dissociée du club. Seule la SASP ou l’association doit en avoir la propriété et cela, pour éviter des conflits futurs qui pourraient apparaitre le jour où monsieur Sitterle ne sera plus l’actionnaire majoritaire de la SASP et même avant.

 

  • Conditionner les aides financières et logistiques de la Ville et de la CUS, à l’établissement d’une convention équilibrée et juste entre l’association et la SASP

 

Pour ma part, si les choses devait demeurer en l’état, si la marque racing ne devenait effectivement qu’un placement financier assurant une rente à vie, je me réserverais à l’avenir le droit de ne pas voter la moindre subvention pour le club car ce n’est pas le rôle des collectivités, de financer ce type de montage.

 

Situation juridique et financière du Racing Club de Strasbourg

 

Interpellation  portant sur la situation juridique et financière du Racing Club de Strasbourg

 

Conseil Municipal du 20 février 2012

 

 

Monsieur le Maire, Chers collègues,

 

En juillet dernier, après deux saisons rocambolesques, le Racing Club de Strasbourg a été conduit à déposer le bilan. De ce naufrage, l’ensemble des supporters du Racing mais aussi ses acteurs financiers aspiraient à une reconstruction du club sur des bases saines afin qu’à l’avenir, plus jamais de telles situations ne se reproduisent. L’ambition commune était claire : pour gravir rapidement les échelons et s’installer durablement parmi l’élite du football, il fallait que le club ne soit plus l’objet de petits calculs personnels en particulier sur le plan financier. Il fallait que le football soit enfin la préoccupation numéro un à tous les étages du club, du terrain jusqu’à la direction. Il fallait que l’actionnariat soit lisible en permettant, si nécessaire, des transitions apaisées. Bref, il fallait tout mettre en œuvre pour que plus jamais les rebondissements à répétition que nous avons connus depuis sa privatisation (et même avant) ne se répètent et pour qu’enfin le Racing abandonne son image de « petit OM de l’Est »…

 

C’est dans cet esprit, monsieur le Maire que nous avons débattu en octobre dernier au sujet de la délibération de soutien au nouveau projet, qui nous était présentée. Que ce soit lors de ce débat ou dans les médias, un certain nombre d’annonces ont été formulées. 1) Dès le dépôt de bilan du club, le nouvel actionnaire pressenti déclarait « J’ai décidé d'apporter dès à présent à l'association les moyens financiers nécessaires pour préparer au mieux la saison qui s'annonce » (DNA du 19/07/20011). 2) Le budget du club devait être de 4,4 Millions d’euros dont 1.7 pour le fonctionnement du centre de formation. Dans l’Alsace du 16/09/2011, Frédéric Sitterle a déclaré à ce sujet « J'injecte tous les mois pour assurer charges et salaires. J'ai pris l'engagement d'équilibrer le budget de l'association avec un déficit estimé à l'époque à 1,35 million. En fait, on s'aperçoit qu'il faudra investir 2,3 millions pour boucher le trou d'un budget global de 4 millions, comprenant la section « pro ». 3) Au sujet de la contribution des collectivités (Ville et CUS) notre collègue en charge des finances, déclarait « nos financements représentent moins de 20% de la totalité du budget de l’association. » 4) Lors de ce conseil, à une question précise de Robert Grossmann sur le budget du club et ses besoins en financement voilà ce que répondait Alain Fontanel « Pour ce qui est des éléments budgétaires, vous avez raison, nous nous sommes nous-mêmes posés ces questions car on doit trouver un équilibre précis et juste sur ce qui est à la charge du repreneur et ce qui peut-être à la charge d’une collectivité dans l’accompagnement de la reconstruction. (…) Il n’est pas question que la collectivité soit amenée à se substituer à tout ou partie à la responsabilité d’un entrepreneur privé. Nous sommes bien attachés à bien respecter cette ligne de démarcation. » 5) Le projet de monsieur Sitterlé est, je cite « un projet de reconstruction sur des bases saines » DNA du 20/08/2011

 

6 mois depuis le début de la lente reconstruction du club nous découvrons dans la presse que la communication a été nettement plus abondante que les actes. Depuis juillet 2011, aucun euro n’a été investi dans le club par le nouvel homme fort. Le budget n’est pas de 4.4 millions comme annoncé dans les médias et en conseil municipal (et de CUS) mais de 2.634 millions comme l’ont découvert les membres de la commission régionale de contrôle des clubs de la ligue d’alsace, le 12 janvier dernier. Les 2.3 millions annoncés à grand renfort de communication n’ont jamais été injectés puisque le club vit d’abord sur les réserves financières de l’association qui, suite au rachat du centre de formation (pour 4.1 millions) par la ville, disposait encore de 727 872 euros sur ses comptes, ce que nous ignorions comme le grand public. Il vit aussi sur les recettes publicitaires et de billetterie mais surtout grâce à l’argent public. Ville et CUS se sont engagées à hauteur de 750 000 euros pour cette saison sans compter la mise à disposition gratuite du stade de la Meinau et la quasi-gratuité du centre de formation (11 000 euros à l’année). Sans compter aussi les soutiens financiers de la Région Alsace et du Département. Ces financements publics ne représentent donc pas moins de 20% du budget mais près de 56% pour les seuls villes et CUS en incluant les reliquats du rachat du centre de formation. Dans les faits, et contrairement à ce qu’affirmait en octobre dernier notre collègue en charge des finances, Alain Fontanel, nos deux collectivités sont bien amenées à se substituer à tout ou partie à la responsabilité d’un entrepreneur privé…

Depuis 2009, se sont près de 7 millions d’euros d’argent public provenant de la ville et de la CUS qui auront été investis dans le club. Il s’agit d’un engagement sans précédent pour un club qui évolue aujourd’hui en CFA2.

A ce tarif, on pouvait au minimum espérer que le Racing reprenne sur des bases saines. Or il semblerait que cela ne soit pas le cas, et c’est bien là le plus grave. Propriétaire de la marque Racing, rachetée pour 150 000 euros, il semblerait que le nouveau président du RACING ait des projets qui risquent, à mon sens, de compromettre la pérennité du club dans le futur car probables sources de conflits. D’abord à travers une première convention qui lierait le club à la société BMV (Blodelsheim, Média Venture) propriétaire de la marque Racing. Ainsi l’association serait amenée à verser chaque année une redevance à cette société pour l’usage de la marque. De 150 000 euros en CFA2 à 1.5 millions en Ligue 1. Cette société, distincte de la SASP serait donc assurée à vie d’une rente annuelle non négligeable quelques soient le ou les actionnaires majoritaires de la SASP, y compris si Monsieur Sitterle décide de tourner la page Racing. Une seconde convention dite de gestion est évoquée. Celle-ci lierait l’association à la SASP et, en cas de non-renouvellement, l’association devrait alors verser à la SASP une indemnité conséquente qui ne pourrait être inférieure à un million d’euros. Si cette volonté, évoquée dans la presse mais aussi en coulisses par de nombreuses personnes proches du club, est confirmée nous serions en l’espèce bien loin d’une situation assainie et ce, malgré une communication depuis le mois de juillet dernier fort habille. Il faut dire qu’en rémunérant deux communicants, présentés initialement comme des bénévoles, le ton est bien donné…

 

Monsieur le Maire, Au regard de l’ensemble de ces éléments, je vous demande de bien vouloir faire la lumière sur la situation financière réelle du Racing. Quel est son budget réel ? Quel est celui consacré au centre de formation pour lequel nous nous sommes mobilisés ? Quelle est la part réelle de la participation publique dans le financement du club ? Y-a-t-il des obligations légales à respecter en la matière ? Et enfin, êtes-vous en mesure de nous dire combien a réellement investi monsieur Sitterle dans le club, depuis juillet dernier ? Je n’imagine pas un instant qu’après les évènements passés, la ville et la CUS ne suivent pas de près la situation économique du club. Après avoir injecté près de 7 millions en 3 ans, en ces temps difficiles, où chaque euro compte et par respect envers nos concitoyens, il me semble essentiel que nos collectivités veillent de près à la situation du Racing.

 

Je vous demande également, de bien vouloir nous faire un point sur la situation juridique actuelle du club ainsi que sur les projets de conventions. Il est de notre devoir, alors que le club évolue en CFA2, de veiller à ce qu’aucun montage juridique et financier ne vienne compromettre la solidité du club, comme nous l’avons connu dans un proche passé. Imaginez un instant le club tiraillée entre 3 parties, l’association, la SASP qui gère le foot professionnel (dont la majorité peut évoluer et dont monsieur Sitterle veut déjà ouvrir le capital) et la société BMV qui détient la propriété de la marque Racing, cette fameuse marque qui historiquement a été régulièrement source de conflits. Enfin, pouvez-vous nous indiquer si la position de Patrick Spielmann, pilier historique du club et interlocuteur important pour la ville, est menacée, comme cela se murmure depuis la dernière AG de l’Association. Si oui, nous devons lui apporter notre soutien.

 

 

Je suis bien conscient qu’à travers mon interpellation nous brisons l’unanimité faite jusqu’à présent autour de monsieur Sitterle. Je suis bien conscient qu’il va y avoir une levée de boucliers du coté des inconditionnels du club qui, comme moi, sont heureux des résultats sportifs du moment mais ne soucient pas forcément de la pérennité de la gouvernance. Mais en ces temps de crise, il ne saurait y avoir de vache sacrée. Il est de notre devoir d’élus de veiller au bon usage des deniers publics investis dans le club qui en l’espèce ont été très importants et surtout de nous assurer de sa pérennité quitte à passer pour les empêcheurs de communiquer en rond !

 

Je vous remercie pour vos réponses que j’attends détaillées et appuyées par des documents concrets.

Racing : Une logique financière !

 

Voici la tribune de notre groupe parue aujourd'hui dans les DNA

 

Que les choses soient claires et que personne ne s’y trompe, nous sommes de fervents supporters de notre Racing.
 

C’est la mort dans l’âme que nous avons assisté aux sinistres péripéties des trois dernières années, la gestion Ginestet, la vente à Hillali, la catastrophe de la faillite, la ville dont le club porte le nom, spectatrice impuissante.
Nous qui avons connu un Racing triomphant nous sommes catastrophés par l’inconscience de ceux qui ont laissé filer les choses et la municipalité de Strasbourg ne peut s’exonérer de ses responsabilités.

 

Aujourd’hui, cinq divisions (cinq !) en dessous du niveau qui était seul digne de notre ville européenne on nous présente les choses comme si nous étions encore en haut de l’affiche. Pourtant le Racing n’est malheureusement plus qu’un club amateur comme un autre et n’a plus le statut de club professionnel.
Les victoires sportives en CFA 2 sont louables – on va certainement monter en CFA – mais ne nous consolent pas de sa chute spectaculaire, due à de lourdes erreurs de management.
Tous ces événements nous ont obligé à comprendre que c’était bien une logique purement financière qui conduisait les appétits des récents dirigeants.
Aujourd’hui on nous annonce officiellement des miracles sportifs à venir parce que le club serait dirigé par pur amour du football.

 

L’exception Racing : « de l’argent public en-dehors de toute règle normale »

 

C’est avec cet argument que la municipalité repentante a fait voter contre toute règle normale (il y a un barème de critères concernant tous les sports) de très fortes subventions. C’est aussi avec cette logique de repentance qu’elle a acheté le Centre de formation auquel un club amateur n’a d’ailleurs pas droit.
Le tout puissant adjoint Fontanel nous a été annoncé officiellement en conseil municipal que le repreneur actuel injectait 2,3 millions d’euros de sa poche dans un club dont il veut relever le challenge sportif, par amour du football.
Qui pouvait être insensible à une telle argumentation fondée sur un tel geste d’abnégation philanthropique en faveur de notre Racing ?
Après avoir posé les questions qu’il fallait, nous nous sommes laissés gagner par l’engagement financier, la générosité et l’altruisme sportif du repreneur et nous avons voté ces subventions de 750.000 euros au total qui constitueraient un complément au 2,3 millions du repreneur.
Or nous apprenons avec consternation qu’il n’en est rien. Le repreneur n’a pas mis un seul centime dans le Racing.
Pire il vit « sur la bête » comme on dit, une « bête » que nous croyions exsangue.
Alors qu’on nous avait laissé entendre qu’après qu’il « ne restait plus qu’une chaise » au Racing, voilà que, telle la miraculeuse multiplication des pains, cette chaise a généré quelques 700.000 euros de trésorerie qui apparaissent soudainement et sur laquelle vit l’actuelle direction.
Pire encore nous apprenons que les intentions du repreneur étaient – et sont – purs calculs spéculatifs.

 

Une rente à vie

 

Son projet consiste à faire fortune en n’ayant pas investi le moindre centime sinon 150.000 euros pour l’achat à son profit personnel, de la marque dont il est maintenant seul propriétaire et qu’il compte faire fructifier. Son but consiste à réussir des remontées sportives, saison après saison, (bravo et tous nos vœux) mais cela signifiera, au bout du chemin, une valeur financière de sa marque de 1,5 millions pour 150.OOO de mise initiale (valeur 250 000 en CFA 1 ; 400 000 en Nationale ; 900 000 en Ligue 2 et 1,5 million en L1.).
Ces sommes seraient des « contreparties annuelles » à la location de la marque par son propriétaire au club. Même si le propriétaire quittait le club il aurait droit à une rente annuelle d’un minimum de 150.000 euros et d’un maximum de 1,5 millions.
Si tout se déroulait selon le plan des succès sportifs escomptés le propriétaire de la marque empocherait 3,2 millions en cinq ans, pour 150 000 euros d’investissement. Ceci résulte des conventions que le repreneur veut faire signer à l’association support.
Ah cet irrésistible amour du sport !!!

 

Avec l’argent du contribuable

 

Or, pour l’instant c’est avec de l’argent public et exclusivement avec de l’argent public que cette spéculation est en marche.
Dès lors, avons-nous le droit de nous taire ?
En nos qualités d’élus municipaux nous voulons rappeler que les 750.000 euros d’argent du contribuable n’ont été votés que parce que le généreux mécène allait investir lui même avec ses fonds propres et privés.
Ce n’est pas notre conception du service public, nous n’avons pas été élus pour cautionner les spéculations financières privées sur le dos du contribuable.
Nous avons aujourd’hui le sentiment d’avoir été dupés. On nous menti, on a menti aux supporters et à tous les strasbourgeois.
Que le fan club du repreneur ouvre les yeux et se rassure ! Nous demandons que le plan de financement initialement annoncé soit respecté, que le repreneur tienne parole. Qu’il apporte au club les 2,3 millions d’euros promis, qui auraient dores et déjà dus être versés. Qu’il n’en fasse pas une opération spéculative aussi énorme à travers les deux incroyables conventions qu’il a proposées à l’association.
Le football professionnel, ce qui n’est plus aujourd’hui le cas du Racing, est bien évidemment sous tendu par des flots de millions dont l’exemple extrême et le plus choquant est celui du PSG.
Il nous semble tout à fait logique que des financiers s’intéressent à un club en y investissant des fonds, eux même. Mais si les repreneurs ne comptent que sur leur habileté à faire payer le contribuable nous ne pouvons être d’accord.
Il appartient à la municipalité de faire respecter les engagements et de s’opposer à des conventions aussi unilatéralement spéculatives, au profit d’un seul.
Quant à ceux qui ne veulent voir que les résultats sportifs qu’ils sachent que la période qui vient de s’écouler démontre que tout est possible si le repreneur investit !

 

Martine Calderoli-Lotz, Huguette Dreikaus, Robert Grossmann, Frédérique Loutrel, Jean-Emmanuel Robert et Anne Schumann.
Conseillers municipaux et communautaires de Strasbourg

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