Racing Club de Strasbourg : « Il faut arrêter d’essayer de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés »

 

 

Interpellation de Jean-Emmanuel ROBERT

 

Titre : Situation juridique et financière du Racing Club de Strasbourg

 

Conseil Municipal du 16 avril 2012

 

 

Monsieur le Maire,

Alors que la situation du Racing semble à nouveau nous conduire vers une impasse, alors que nous avions besoin de pouvoir aller de l’avant, la réunion de mardi m’a laissé un sentiment mitigé.

D’abord sur la forme qui n’a franchement pas été au niveau de l’enjeu. 

Organiser une réunion si importante, surtout au regard du contexte actuel, tendu jusque dans les tribunes, au sein d’une commission qui ne s’est plus réunie depuis 2009, à 8h30, soit une heure avant le début de la plénière, avait de quoi surprendre. Vous pourrez en convenir, cela ne laissait que très peu de temps pour entrer dans le fond du dossier, de surcroît en votre absence et en l’absence d’Henri Ancel, votre ancien colistier, qui suit pourtant les affaires du Racing depuis un moment en votre nom et qui, jusqu’au début de cette commission était présenté comme le futur président de l’association. Franchement, les bases de travail étaient fort mal préparées…

 

Je dois vous avouer que depuis le début de cette grave crise que traverse le Racing et qui n’a pas débuté avec le seul Monsieur Hilali comme tentent encore de le faire croire certains, mais qui s’étale sur plusieurs saisons, et qui s’est amplifiée lors de la saison 2009-2010 avec un changement de 3 présidents en l’espace de quelques mois (Ginestet, Specht, Ginestet,), un triple changement d’entraineurs (Furlan, Gress, Janin), et une revente d’un Club à Hilali, club qui était après 17 journées RE-LE-GABLE en L2 avec seulement 16 points et 3 victoires en 17 matchs ; je dois donc vous avouer en effet que nous avons assisté à une sorte d’immobilisme de votre équipe,  souvent à des réactions à retardement, et je le dis clairement à une certaine forme de manque de courage.

Personnellement, je pense que la question du Racing même si elle est politiquement sensible voire dangereuse pour ceux qui osent s’en emparer (j’en sais quelque chose ayant été noyé sous les messages dont un certain nombre pas très agréables…) doit être abordée pleinement, avec à l’esprit l’intérêt général et certainement pas les amitiés personnelles, même de longue date, car le Racing c’est la vitrine de Strasbourg et de l’Alsace. J’ai la faiblesse de penser que ce sujet comprend davantage d’enjeux pour notre ville plutôt que d‘ergoter, par voix de presse interposée, sur la taille et la forme des corbeilles à papier de telle ou telle place…

Sur le fond

Avec le dépôt de bilan en 2011, je pensais sincèrement que nous en avions terminé avec toutes ces querelles intestines qui pourrissent la vie du club depuis tant d’années. Je pensais que tous les passifs avaient enfin été soldés et surtout que tous les nuisibles qui gravitent autour et dans le club, que tous les petits arrangements faisaient enfin partie du passé.

Et voilà que moins d’un an après, nous découvrons que rien n’a changé. Les mêmes querelles, les mêmes pratiques, la même opacité, sont toujours présentes au sein du club.

Nous voilà obligé de débattre à nouveau, certes à ma demande, des mêmes problèmes. La seule et unique différence, c’est que la facture payée par le contribuable continue inlassablement de grimper. Nous en sommes avec cette saison à plus de 7M€ depuis 2009 !

 

Franchement, ça suffit. Les vrais supporters du club l’ont expliqué à leur manière, samedi, lors de la rencontre contre Auxerre en déployant une banderole signifiant aux dirigeants « Staff et joueurs, vous au moins vous assurez ! »  Comment ne pas partager leur ras-le-bol ? 

 

Il est à mon sens grand temps de mener enfin un véritable Oschterputz au sein de ce club pour repartir véritablement sur des bases saines et solder définitivement et durablement ces passifs qui continuent d’alimenter les médias.

 

C’est pour cela qu’avec Robert GROSSMANN et Anne SCHUMANN, nous regrettons encore davantage le déroulé exécrable de la réunion de mardi. Nous pensions qu’on pourrait rentrer dans le fond des choses, avoir des réponses précises à des questions précises, avoir des visuels, des projections sur cette saison, mais aussi les suivantes, du projet économique du club. Cela ne fut pas le cas. La salle choisie pour cette réunion ne s’y prêtait pas. Monsieur Sitterle avait bien quelques éléments écrits qu’il a bien voulu depuis me faire parvenir par mail ce qui n’était d’ailleurs pas le cas de monsieur Patrick Spielmann dont les réponses étaient relativement vagues, lorsque votre adjoint en charge des sports acceptait de le laisser répondre. Personne n’a par exemple été en mesure de nous dire quel est le budget réactualisé du club avec ses recettes et ses dépenses engagées au mois d’avril 2012. Je note d’ailleurs que seuls les élus de notre groupe ont posé des questions au cours de cette commission. A croire que les autres avaient été rendus muets sur ordre ou par peur de prendre des coups en s’emparant du dossier.

Après le problème, aujourd’hui résolu, rencontré avec la propriété de la marque et dont on se serait aussi passé, cette réunion a définitivement achevé de me convaincre qu’il fallait revoir de fond en comble le fonctionnement de ce club.

 

Cela ne peut plus durer ainsi !

 

Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt, d’essayer de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés mais dire enfin les choses clairement. Fixer un cap avec des conditions claires, stables et pas à géométrie variable en fonction des amitiés et de la cote d’amour du moment des dirigeants en place.

Plusieurs réformes me semblent urgentes à entreprendre dans ce club.

 

 

-Premièrement, celui qui est amené à mettre de l’argent dans le Racing doit avoir les pleins pouvoirs au moment où il commence à alimenter les comptes. Il ne doit pas être soumis à moultes pressions de tel ou tel intérêt. Il doit pouvoir décider librement de la gestion au quotidien du club et quelles sont ses personnes de confiance. Il doit pouvoir décider librement du choix des fournisseurs, comment il indemnise ou pas les bénévoles, des membres du conseil d’administration bien que ces pratiques me semblent plus que limites sur un plan légal et fiscal, même si elles sont répandues dans le milieu. Celui qui met l’argent doit aussi avoir un regard sur les dépenses de l’association, y compris celles inférieures à 20 000 euros. Cela est nécessaire puisque l’actionnaire est le garant de la dette de l’association.

 

-Deuxièmement, avec d’autres je commence à en avoir plus qu’assez d’entendre parler des historiques. Les « historiques », ça fait 15 ans qu’ils sont là et pour le coup la situation, saison après saison ; l’est… historique. On se bat comme des chiffonniers pour un club qui est aujourd’hui en cinquième division comme s’il était encore en ligue 1. Il faut laisser ceux qui financent organiser comme ils l’entendent les rapports avec l’association même si, pour ma part, je pense que ses statuts devraient être démocratisés tout comme son fonctionnement interne. Ce n’est pas acceptable que des anciens présidents, des proches ou des membres de leur famille puissent encore pouvoir faire partie de cette structure. Elle fonctionne actuellement en consanguinité et c’est ce qui l’étouffe ! Il faut ouvrir la désignation de sa direction à tous les membres licenciés de l’association et pourquoi pas aussi aux supporters moyennant une cotisation.

 

-Troisièmement, ce qui est tout de même incroyable, c’est de voir toutes ces personnes qui n’ont jamais mis un euro dans le club dicter leur loi à ceux qui payent ou qui sont amenés à le faire. Même les collectivités, malgré les sommes versées que j’évoquais avant, ne sont jamais intervenues de cette manière dans la gestion du Racing et d’ailleurs, si cela avec était le cas, que n’aurions-nous pas entendu ! Je ne souhaite pas faire un cas personnel de votre missi dominici, Monsieur Henri Ancel, hélas absent lors de cette réunion mais encore bien présent dans la presse de ce matin, mais il n’a jamais engagé le moindre euro dans le club, il n’est même pas sponsor pas plus qu’élu ou salarié  de la ville ou de la CUS mais depuis deux ans, il intervient de manière visible ou en sous-marin, en votre nom, dans ce dossier et au nom aussi des sponsors qu’il prétend représenter. Mais à quel titre ? De quel droit ? Avec quel mandat ? Donné par qui ? Ce monsieur, que je ne connais pas et contre lequel je n’ai rien de particulier doit, comme les autres, s’il n’investit pas d’argent dans le racing le quitter (comme il semble l’annoncer ce matin) et cesser de rajouter de l’agitation à l’agitation.

 

-Quatrièmement. Le proces de calcul des subventions versées par les collectivités au club, doit être clairement établi. J’estime, mais peut-être suis-je dans l’erreur, qu’elles doivent être calculées en fonction du budget et qu’elles ne doivent en aucun cas dépasser 20% du total, comme Alain Fontanel le défendais d’ailleurs en octobre dernier. Aujourd’hui, en tenant compte de la fameuse cagnotte de 600 000 euros miraculeusement apparue et qui ne figure d’ailleurs pas dans le bilan de l’association de la saison dernière, nous en sommes à plus de 50% sur un budget de 2.6M€. Au moment du vote des subventions, la SASP comme l’association doivent nous fournir un budget prévisionnel précis afin de nous assurer de cela, et ensuite, une fois le budget réalisé, nous devons vérifier sa réelle exécution. Le prix de location du stade de la Meinau et du centre de formation doit aussi être clairement défini à l’avance. Naturellement en fonction de l’échelon au sein duquel évolue le club. Ces subventions et ces tarifs doivent être figés le temps de la validité de la convention entre la SASP et l’association mais exceptionnellement révisables en cas d’évènements imprévisibles comme nous l’avons connu les années passées

 

-Cinquièmement et je sais que certains me comprendront bien. Il n’appartient à personne de dire aux responsables du club avec quelles entreprises ils doivent travailler ou à quel prix. Ce n’est pas leur rôle que de décider des dépenses du club ou d’influencer des recettes comme celles des sponsors. Si le ou les propriétaires qui en ont les commandes arrivent à maitriser le budget, à réduire les dépenses, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les collectivités qui auront, si la règle que je viens de développer est appliquée, moins de subventions à verser. Mieux le club sera géré moins nous aurons à intervenir financièrement.

 

-Sixièmement. Nous devons nous interroger sur l’utilité de conserver un centre de formation qui n’a aucun agrément et dont les jeunes talents peuvent à tout moment être pillés par les grands clubs puisqu’il n’y a aucune protection juridique. Peut-être faudrait-il le fermer en attendant un retour du racing dans le monde professionnel ? A minima, pour en réduire les coûts, nous devrions le mutualiser avec la SIG et l’étoile noire, le temps des remontées nécessaires au racing pour retrouver un agrément, afin que ces clubs puissent eux aussi profiter de cette structure que nous finançons chèrement. Ils en ont clairement besoin.

 

-Septièmement : Le temps de la remise à flot du racing, ses dirigeants devraient faire 2 fois par année un point d’étape de la situation du club aux élus de la ville et de la cus, naturellement dans des conditions matérielles meilleures que ce que nous avons connus mardi. Cette pratique pourrait être ensuite pérennisée et se faire une fois par année histoire d’avoir un suivi et une vision sur l’avenir du club et de ses besoins. Ce dispositif devrait même être étendu à d’autres clubs comme la SIG par exemple.

 

Aujourd’hui, au Racing, nous avons des dirigeants et des acteurs qui se comportent comme si le RCS était encore un club de ligue 1 oubliant le niveau où nous évoluons depuis le mois d’aout.

Frédéric Sitterle a comparé, lors de notre rencontre de mardi, la fameuse convention, toujours pas entérinée d’après ce que j’ai pu lire ce week-end et pas près de l’être si j’ai bien compris, à une carte grise d’une voiture dont, tant qu’elle n’est pas modifiée, attribue toujours la propriété au vendeur. Cette comparaison du  racing à un véhicule, encore reprise ce matin dans la presse par d’autres dirigeants, me fait penser que tous ces acteurs s’imaginent que le club est encore une formule 1, une Ferrari de plusieurs millions d’euros alors qu’aujourd’hui ce n’est plus qu’un véhicule bien abîmé, cabossé de toutes parts par les propriétaires successifs, dont le moteur est à bout de souffle, dépourvu des éléments de conforts élémentaires, dont le lecteur CD a disparu depuis belle lurette, les jantes allu ou en carbone remplacées par des enjoliveurs en plastique et dont seul le seul vibrionnant klaxon nous fait réaliser que le véhicule fonctionne encore et ce grâce essentiellement à de l’argent public, injecté pour préserver l’essentiel et assurer les dépenses courantes. Voilà la réalité du Racing Club de Strasbourg au moment où je vous parle.

Je ne sais pas qui a raison ou a tort dans cette nouvelle querelle et je ne cherche même plus à le savoir, tant tout le monde essaye de manipuler tout le monde, je ne suis pas dupe. Ce que je sais en revanche, c’est que là où le club a sportivement réussi, tous les efforts du staff et des joueurs risquent d’être réduits à néant si le déficit budgétaire n’est pas comblé d’ici la fin de la saison avec cette fois un passage par la case DH. Voilà ce qu’il nous attend avec ces histoires !

 
A l’issue de la réunion de mardi, j’ai clairement compris que Patrick Spielmann et Frédéric Sitterle ne pouvaient plus travailler ensemble. Je crois donc qu’il va falloir trancher pour ne pas compromettre les résultats probants obtenus sur le terrain.

Ou bien on mise sur l’association en l’état, on poursuit avec les « historiques » mais dans ce cas, cela signifie qu’ils ont une surface financière suffisamment importante ou un généreux mécène pour combler le déficit à la fin de la saison et investir pour l’avenir. Henri Ancel évoque ce matin dans la presse un besoin rapide de 3 Millions d’euros pour la seule année à venir !

Ou bien on confie le club à Frédéric Sitterle, qui devra lui aussi combler le déficit et investir dans l’avenir. A ce moment précis, ses détracteurs sauront s’il dispose oui ou non de la surface financière pour faire face à ces échéances.

Dans les deux cas, les 7 éléments que j’ai évoqués devront être pris en compte et naturellement, il est hors de question que la ville et la CUS mettent un euro de plus dans le club au regard des efforts déjà consentis pour cette saison préparée, je le rappelle, sur la base d’un budget prévisionnel de 4.4M€ en CFA2. Rien que ce montant interpelle déjà !

Une troisième voie est aussi possible. Un nouveau repreneur apparait et les acteurs du moment disparaissent en le laissant prendre le relais, en lui permettant de travailler dans la sérénité, chose qu’il manque cruellement au Racing. Ceci-dit, j’ai du mal à croire en cette troisième voie. Qui sera suffisamment insensé et en même temps sérieux pour investir dans cette pétaudière tant que les nécessaires réformes n’auront pas été effectuées au préalable ?

 

Voilà comment nous voyons concrètement les choses monsieur le Maire mais étant dans l’opposition et n’ayant aucun pouvoir décisionnaire, avec les membres de notre groupe, nous souhaiterions enfin connaitre la position officielle et officieuse de la municipalité sur ce dossier.

Monsieur le Maire, il est temps de nous dire où vous voulez aller, avec qui et comment.

Je vous remercie

 

Une réponse à Racing Club de Strasbourg : « Il faut arrêter d’essayer de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés »

  • Mechl dit :

    Quel dommage que vous ne fassiez de la politique qu’à travers certains reportages fait par d’autres!
    Une fois de plus , c’est vous qui avez , non pas seulement un ou deux trains de retard, mais tout simplement aucune vraie connaissance du problème
    Car si vous aviez été présent au stade samedi, vous auriez remarqué bien autre chose que la banderole
    Enlevez vos oeillères…. et peut être la vie vous paraitra plus belle !!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Photos

Retrouvez-moi sur Facebook

  • Strasbourg-sans-papiers: un cercle du silence - Europe1
    Strasbourg-sans-papiers: un cercle du silenceEurope1250 personnes ont participé lundi soir, une heure durant, à un Cercle de silence place Kléber à Strasbourg, rapporte Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Depuis quatre ans exactement chaque fin de mois, le 30, des hommes et des femmes se réunissent ainsi ... […]
  • OSR s'implante au port de Strasbourg - lantenne.com
    OSR s'implante au port de Strasbourglantenne.comL'opérateur ferroviaire belge OSR a lancé des prestations en conteneurs et en conventionnel au Port autonome de Strasbourg. Un nouvel opérateur ferroviaire a fait son apparition au Port autonome de Strasbourg : le belge OSR (On Site Rail), ... […]
  • Deux vitraux préemptés par le Musée de L'Œuvre Notre-Dame de ... - La Tribune de l'Art
    Deux vitraux préemptés par le Musée de L'Œuvre Notre-Dame de ...La Tribune de l'Art30/4/2012 - Acquisition - Strasbourg, Musée de l'Œuvre Notre-Dame - Deux vitraux gothiques ont été préemptés par le Musée de l'Œuvre Notre-Dame lors de la vente Sotheby's du 20 avril dernier à Paris. Chacun d'eux était estimé 50 000 à 70 000 euros […]
  • SAS Programmer, département biométrie (Strasbourg, Alsace) Quintiles - MyPharma Editions
    SAS Programmer, département biométrie (Strasbourg, Alsace) QuintilesMyPharma EditionsDans une perspective d'expansion, le département de biométrie France (Strasbourg) est à la recherche d'un(e) SAS Programmer enthousiaste pour se joindre à notre équipe ! En tant que SAS Programmer, vous devrez planifier et coordonner la programmation ... […]
  • Strasbourg Coop d'Alsace Des soutiens mais aussi des soupçons - DNA - Dernières Nouvelles d'Alsace
    Strasbourg Coop d'Alsace Des soutiens mais aussi des soupçonsDNA - Dernières Nouvelles d'AlsacePhoto DNA — Cédric Joubert Quelque 200 personnes ont participé hier au pique-nique revendicatif organisé à Strasbourg par l'Association régionale de soutien aux Coop d'Alsace. Pour dire leur attachement au statut coopératif, au moment où se font […]