Situation juridique et financière du Racing Club de Strasbourg

 

Interpellation  portant sur la situation juridique et financière du Racing Club de Strasbourg

 

Conseil Municipal du 20 février 2012

 

 

Monsieur le Maire, Chers collègues,

 

En juillet dernier, après deux saisons rocambolesques, le Racing Club de Strasbourg a été conduit à déposer le bilan. De ce naufrage, l’ensemble des supporters du Racing mais aussi ses acteurs financiers aspiraient à une reconstruction du club sur des bases saines afin qu’à l’avenir, plus jamais de telles situations ne se reproduisent. L’ambition commune était claire : pour gravir rapidement les échelons et s’installer durablement parmi l’élite du football, il fallait que le club ne soit plus l’objet de petits calculs personnels en particulier sur le plan financier. Il fallait que le football soit enfin la préoccupation numéro un à tous les étages du club, du terrain jusqu’à la direction. Il fallait que l’actionnariat soit lisible en permettant, si nécessaire, des transitions apaisées. Bref, il fallait tout mettre en œuvre pour que plus jamais les rebondissements à répétition que nous avons connus depuis sa privatisation (et même avant) ne se répètent et pour qu’enfin le Racing abandonne son image de « petit OM de l’Est »…

 

C’est dans cet esprit, monsieur le Maire que nous avons débattu en octobre dernier au sujet de la délibération de soutien au nouveau projet, qui nous était présentée. Que ce soit lors de ce débat ou dans les médias, un certain nombre d’annonces ont été formulées. 1) Dès le dépôt de bilan du club, le nouvel actionnaire pressenti déclarait « J’ai décidé d'apporter dès à présent à l'association les moyens financiers nécessaires pour préparer au mieux la saison qui s'annonce » (DNA du 19/07/20011). 2) Le budget du club devait être de 4,4 Millions d’euros dont 1.7 pour le fonctionnement du centre de formation. Dans l’Alsace du 16/09/2011, Frédéric Sitterle a déclaré à ce sujet « J'injecte tous les mois pour assurer charges et salaires. J'ai pris l'engagement d'équilibrer le budget de l'association avec un déficit estimé à l'époque à 1,35 million. En fait, on s'aperçoit qu'il faudra investir 2,3 millions pour boucher le trou d'un budget global de 4 millions, comprenant la section « pro ». 3) Au sujet de la contribution des collectivités (Ville et CUS) notre collègue en charge des finances, déclarait « nos financements représentent moins de 20% de la totalité du budget de l’association. » 4) Lors de ce conseil, à une question précise de Robert Grossmann sur le budget du club et ses besoins en financement voilà ce que répondait Alain Fontanel « Pour ce qui est des éléments budgétaires, vous avez raison, nous nous sommes nous-mêmes posés ces questions car on doit trouver un équilibre précis et juste sur ce qui est à la charge du repreneur et ce qui peut-être à la charge d’une collectivité dans l’accompagnement de la reconstruction. (…) Il n’est pas question que la collectivité soit amenée à se substituer à tout ou partie à la responsabilité d’un entrepreneur privé. Nous sommes bien attachés à bien respecter cette ligne de démarcation. » 5) Le projet de monsieur Sitterlé est, je cite « un projet de reconstruction sur des bases saines » DNA du 20/08/2011

 

6 mois depuis le début de la lente reconstruction du club nous découvrons dans la presse que la communication a été nettement plus abondante que les actes. Depuis juillet 2011, aucun euro n’a été investi dans le club par le nouvel homme fort. Le budget n’est pas de 4.4 millions comme annoncé dans les médias et en conseil municipal (et de CUS) mais de 2.634 millions comme l’ont découvert les membres de la commission régionale de contrôle des clubs de la ligue d’alsace, le 12 janvier dernier. Les 2.3 millions annoncés à grand renfort de communication n’ont jamais été injectés puisque le club vit d’abord sur les réserves financières de l’association qui, suite au rachat du centre de formation (pour 4.1 millions) par la ville, disposait encore de 727 872 euros sur ses comptes, ce que nous ignorions comme le grand public. Il vit aussi sur les recettes publicitaires et de billetterie mais surtout grâce à l’argent public. Ville et CUS se sont engagées à hauteur de 750 000 euros pour cette saison sans compter la mise à disposition gratuite du stade de la Meinau et la quasi-gratuité du centre de formation (11 000 euros à l’année). Sans compter aussi les soutiens financiers de la Région Alsace et du Département. Ces financements publics ne représentent donc pas moins de 20% du budget mais près de 56% pour les seuls villes et CUS en incluant les reliquats du rachat du centre de formation. Dans les faits, et contrairement à ce qu’affirmait en octobre dernier notre collègue en charge des finances, Alain Fontanel, nos deux collectivités sont bien amenées à se substituer à tout ou partie à la responsabilité d’un entrepreneur privé…

Depuis 2009, se sont près de 7 millions d’euros d’argent public provenant de la ville et de la CUS qui auront été investis dans le club. Il s’agit d’un engagement sans précédent pour un club qui évolue aujourd’hui en CFA2.

A ce tarif, on pouvait au minimum espérer que le Racing reprenne sur des bases saines. Or il semblerait que cela ne soit pas le cas, et c’est bien là le plus grave. Propriétaire de la marque Racing, rachetée pour 150 000 euros, il semblerait que le nouveau président du RACING ait des projets qui risquent, à mon sens, de compromettre la pérennité du club dans le futur car probables sources de conflits. D’abord à travers une première convention qui lierait le club à la société BMV (Blodelsheim, Média Venture) propriétaire de la marque Racing. Ainsi l’association serait amenée à verser chaque année une redevance à cette société pour l’usage de la marque. De 150 000 euros en CFA2 à 1.5 millions en Ligue 1. Cette société, distincte de la SASP serait donc assurée à vie d’une rente annuelle non négligeable quelques soient le ou les actionnaires majoritaires de la SASP, y compris si Monsieur Sitterle décide de tourner la page Racing. Une seconde convention dite de gestion est évoquée. Celle-ci lierait l’association à la SASP et, en cas de non-renouvellement, l’association devrait alors verser à la SASP une indemnité conséquente qui ne pourrait être inférieure à un million d’euros. Si cette volonté, évoquée dans la presse mais aussi en coulisses par de nombreuses personnes proches du club, est confirmée nous serions en l’espèce bien loin d’une situation assainie et ce, malgré une communication depuis le mois de juillet dernier fort habille. Il faut dire qu’en rémunérant deux communicants, présentés initialement comme des bénévoles, le ton est bien donné…

 

Monsieur le Maire, Au regard de l’ensemble de ces éléments, je vous demande de bien vouloir faire la lumière sur la situation financière réelle du Racing. Quel est son budget réel ? Quel est celui consacré au centre de formation pour lequel nous nous sommes mobilisés ? Quelle est la part réelle de la participation publique dans le financement du club ? Y-a-t-il des obligations légales à respecter en la matière ? Et enfin, êtes-vous en mesure de nous dire combien a réellement investi monsieur Sitterle dans le club, depuis juillet dernier ? Je n’imagine pas un instant qu’après les évènements passés, la ville et la CUS ne suivent pas de près la situation économique du club. Après avoir injecté près de 7 millions en 3 ans, en ces temps difficiles, où chaque euro compte et par respect envers nos concitoyens, il me semble essentiel que nos collectivités veillent de près à la situation du Racing.

 

Je vous demande également, de bien vouloir nous faire un point sur la situation juridique actuelle du club ainsi que sur les projets de conventions. Il est de notre devoir, alors que le club évolue en CFA2, de veiller à ce qu’aucun montage juridique et financier ne vienne compromettre la solidité du club, comme nous l’avons connu dans un proche passé. Imaginez un instant le club tiraillée entre 3 parties, l’association, la SASP qui gère le foot professionnel (dont la majorité peut évoluer et dont monsieur Sitterle veut déjà ouvrir le capital) et la société BMV qui détient la propriété de la marque Racing, cette fameuse marque qui historiquement a été régulièrement source de conflits. Enfin, pouvez-vous nous indiquer si la position de Patrick Spielmann, pilier historique du club et interlocuteur important pour la ville, est menacée, comme cela se murmure depuis la dernière AG de l’Association. Si oui, nous devons lui apporter notre soutien.

 

 

Je suis bien conscient qu’à travers mon interpellation nous brisons l’unanimité faite jusqu’à présent autour de monsieur Sitterle. Je suis bien conscient qu’il va y avoir une levée de boucliers du coté des inconditionnels du club qui, comme moi, sont heureux des résultats sportifs du moment mais ne soucient pas forcément de la pérennité de la gouvernance. Mais en ces temps de crise, il ne saurait y avoir de vache sacrée. Il est de notre devoir d’élus de veiller au bon usage des deniers publics investis dans le club qui en l’espèce ont été très importants et surtout de nous assurer de sa pérennité quitte à passer pour les empêcheurs de communiquer en rond !

 

Je vous remercie pour vos réponses que j’attends détaillées et appuyées par des documents concrets.

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